CYBORG MANIFESTO : Notes de lecture

CYBORG MANIFESTO : Notes de lecture

1985. Trad. : Marie Héléne Dumas, Charlotte Gould, Nathalie Magnan.
© Ecole Nationale Supèrieure des Beaux-arts, Paris.
publié en français dans Connexion, art réseaux ,média, Annick Bureaud, Nathalie Magnan, edition de l'ensb-a, collection guide de l'étudiant en art, 2002.
Publié en anglais dans "Simians, Cyborgs, and Women, The reinvention of nature". Donna Haraway. Routledge NY. 1991.
Première publication " Manifesto for Cyborgs: science technology, and socialist feminism in the 1980's" Socialist review 80 (1985).


Citation résumée du texte :

* Les relations sociales induites par les nouvelles technologies posent un autre problème crucial, celui de la reformulation des attentes, de la culture, du travail et de la reproduction de la nombreuse main d’œuvre employée dans les secteurs techniques et scientifiques. Un danger politique et social majeur se profile à l’horizon : la formation d’une structure sociale à deux régimes, dans laquelle des femmes et des hommes de tous groupes ethniques, mais surtout des femmes et des hommes de couleur, se retrouvent, en masse, confinés dans une économie du travail à domicile, réduits à une forme ou une autre d’illettrisme, à une inutilité et à une impuissance générales, et contrôlés, par toute une gamme de dispositifs répressifs hautement technologiques, qui consistent d’abord à les amuser, puis à les surveiller et éventuellement à les faire disparaître. Toute politique féministe socialiste adéquate doit faire appel aux femmes des milieux professionnels privilégiés, et en particulier à celles dont le travail scientifique et technologique construit les discours, les processus et les objets technico-scientifiques

L’imagerie cyborgienne peut aider à exprimer les deux points cruciaux de ce texte. Un, la production d’une théorie totale, universelle, est une erreur énorme qui passe à côté de la réalité, et qui l’a probablement toujours fait, mais qui le fait maintenant de façon certaine. Deux, en prenant la responsabilité des relations sociales de science et de technologie, on refuse la métaphysique anti-science, la démonologie de la technologie, et l’on assume ainsi le difficile travail de reconstruction des frontières de la vie quotidienne, en connexion partielle avec les autres, et en communication avec chaque partie de nous-même. Ce n’est pas seulement que la science et la technologie sont d’éventuels moyens de grande satisfaction humaine aussi bien qu’une matrice de dominations complexes. L’imagerie cyborgienne ouvre une porte de sortie au labyrinthe des dualismes dans lesquels nous avons puisé l’explication de nos corps et de nos outils. C’est le rêve, non pas d’une langue commune, mais d’une puissante et infidèle hétéroglosse. C’est l’invention d’une glossolalie féministe qui glace d’effroi les circuits super-évangélistes de la nouvelle droite. Cela veut dire construire et détruire les machines, les identités, les catégories, les relations, les légendes de l'espace. Et bien qu’elles soient liées l’une à l’autre dans une spirale qui danse, je préfère être cyborg que déesse.

Aucun commentaire:

Montréal, 2008. Copyleft. Nous joindre :
gagreflexeditions@gmail.com